ASPHAN

Association de Sauvegarde du Patrimoine Historique et Artistique de la région de Nozay


"Le Patrimoine"


En arrivant dans la région de Nozay, vous serez frappé par l’omniprésence de la pierre bleue. Elle se retrouve utilisée sous diverses formes et pour diverses utilisations.

 

La plus typique est la clôture de palis. Les dalles de pierre sont dressées pour entourer les champs et les jardins.

Les maisons, avant l’arrivée du béton, étaient construites avec des moellons maçonnés avec de la terre argileuse et de la chaux. Pour les entourages des fenêtres et des portes on utilisait des blocs taillés. De très beaux exemples de blocs sculptés se trouvent sur les différents manoirs du 15ème et 16ème siècle.

 Les fermes constituées en longère n’échappent pas à cette règle. Les murs en moellon de la maison d’habitation sont le plus souvent crépis avec un enduit de sable et de chaux. Les mur des soues à cochon, des étables sont en général laissé nus. Pour les hangars on utilise une autre technique, puisque se sont les plus grand palis qui servent de mur et de pilier pour soutenir la charpente. La partie haute des murs est souvent bardée de latte de bois. Elément essentiel à la vie, le puits est lui aussi en schiste. Dans les village, le four à pain est le plus souvent un élément qui appartient aux habitants de ce village.

 La pierre bleue est également présente au niveau de la voirie, des objets mobiliers, des calvaires, ainsi que dans les cimetières.



La légende de la croix Merhan - 1

 Au milieu des ronces, dans l’enchevêtrement des racines, on rencontre des pans de murs écroulés, des vestiges d’ouvertures, des tas de pierres, où la ronce et l’ortie se marient, c’est tout ce qui reste de la ferme de la Croix Merhan. Pourquoi cet abandon ? Pourquoi comme ses sœurs des environs, cette ferme n’a-t-elle pas connu la prospérité. Qui l’a condamnée à disparaître ? On raconte et je l’ai entendu dire bien souvent, que se sont les vipères, qui en ont rendu l’exploitation impossible. Cette explication est loin d’être satisfaisante, car enfin si elle a été la cause de la disparition de la ferme de la Croix Merhan, il semble que les fermes des environs auraient dû avoir le même sort, or il n’en a rien été. Un fait est certain c’est que les vipères étaient et sont encore nombreuses, dans ce coin de Nozay, et il paraît qu’autrefois elles se rencontraient, à même les écuries de la ferme, tuant les animaux et pénétrant jusqu’à l’habitation des fermiers. Tout ceci est possible, mais ce serait incomplet, si la légende ne s’était emparée de ces faits authentiques, pour broder une délicieuse histoire, comme on savait en raconter au bon vieux temps.

La ferme de la Croix Merhan était infestée de vipères, de couleuvres, aspics, etc… Les fermiers avaient tout fait pour s’en défaire, mais aucun moyens ne réussissait, et la vie devenait intenable tant le danger était grand et de tous les instants. En désespoir de cause, le fermier décida de faire appel à un sorcier. Il y en avait un justement, un fameux, le Meunier de Toulan (Toulon comme l’on disait couramment à Nozay) le fermier le fit donc appeler et ayant entendu de sa bouche ce que l’on espérait de lui, le sorcier déclara : je puis en effet détruire tous les serpents qui se trouvent sur les terres environnantes, mais pour cela il faudra que tu me nommes, lorsque j’opérerais, tous les morceaux de terre qui constituent ta ferme. Sur mon ordre, alors les serpents viendront tous ici les uns après les autres se faire tuer. Mais gardes toi d’oublier un seul de tes champs, car si tu le faisais, le Roi des serpents viendrait aussitôt et me dévorerait. Le fermier promit de ne rien oublier et l’opération commença. Le fermier annonçait le nom des champs, et sur l’ordre du sorcier, tous les serpents venaient se faire griller dans un grand feu que l’on avait allumé dans l’aire. Quand le fermier s’arrêta dans l’énumération des champs, un nombre considérable de serpents avait péri dans les flammes. Mais voilà qu’alors du bois tout proche s’éleva un grand bruit. Un sifflement terrible déchira l’air, alors le sorcier sentit ses cheveux se dresser sur sa tête. Malheureux, cria-t-il, tu as oublié un champ, et voilà le Roi des serpents qui vient pour me tuer. Alors il prit sa course à travers champs essayant d’échapper au Roi des serpents, qui dans un bruit formidable se lançait à sa poursuite. Le malheureux sorcier allait atteindre son moulin, quand, dans un bond fantastique, le Roi des serpents le rejoignit et le dévora.

Sources : Rocher ?

 

LA LEGENDE DE LA CROIX MERHAN - 2

Le fief de la Croix Merhan, membre de la châtellenie de la Touche Cornulier, est fameux par le grand nombre de serpents qu’on y rencontre. Et voici l’anecdote à laquelle ils vont donner lieu. Le fermier de la Croix Merhan étant un jour à chauffer son four, vit venir à lui un vieux mendiant inconnu, qui lui demanda si les reptiles l’incommodait toujours. Sur sa réponse affirmative, il lui dit qu’il connaissait un moyen de l’en débarrasser, mais que pour cela il fallait nommer les fiefs de la châtellenie sans en omettre un seul. "Il y a trente ans que je connais la Touche, dit le métayer et il m’est facile de faire cette nomenclature. Prenez bien garde reprit le mendiant, car ma vie en dépend. Soyez tranquille ajouta le fermier et il commença à énumérer les fiefs les uns après les autres. A chaque nom qu’il appelait, un certain nombre de reptiles, venaient se précipiter dans le four embrasé. N’y en a-t-il plus ? dit le mendiant. Non c’est tout - Bien sûr ? – Oui – Alors vous ne verrez plus jamais de reptiles sur vos terres Attendez j’en ai oublié un ; le fief de … C’est trop tard ! s’écria le mendiant, sur lequel fondait un serpent ailé avec de terribles sifflements. Il fuit, cherche un refuge dans le moulin de Toulan qui était proche, mais au moment d’y entrer, le serpent l’atteint par le talon et le dévore. La preuve que cette histoire est véritable, ajoute le narrateur c’est qu’on peut voir encore sur la porte du moulin de Toulan, les armes des Cornulier avec deux guivres pour support en mémoire de ce fait. Ce moulin de Toulan est un édifice du XVIème siècle, bâti avec beaucoup plus d’élégance que ne le sont les moulins à vent ordinaire. Il est tout en granit taillé, orné de moulures du genre Renaissance. Au-dessus de la porte est une pierre d’ardoise d’un grain très fin, où sont sculptées les armes des Cornulier soutenues par deux bisses. On ne sait pas pourquoi le meunier actuel s’est avisé vers 1847, de marteler ce travail, qui était très soigné

 

Complément à la généalogie de la maison de Cornulier Imprimé en 1863


Le conte de la guêpe

Un dimanche comme ça, après la grand’messe, le gâs Jules, y m’dit comme ça : "Viens-tu goûteu mon cid’ ? J’en ai du vraï bon, c’est mêm la première année qu’il est si ben réussi ! " Ma fa coume j’étais point trop presseu d’travail, me v’la parti à la Cornillère, chez gâs Jules. On gouti les fûts toute la matinée ; le midi, y m’dit coume ça : "tu n’va point n’alleu à ct’heure, reste donc mangeu avec nous" . Ma fa, j’restis, et pis l’après-midi, on goûti un fût qu’on n’avait point eu l’temps de goûteu l’matin, et pis on r’goûtit les fûts du matin pasqu’on n’se rapp’lait pus le goût qui avaient ;on goûti oussi queuques petits fûts d’goutte, et puis l’souère arrivit. Le gâs Jules, y m’dit coume ça : "tu vas ben rester à casseu la croûte avec nous !" Ma fa, j’restis et on s’mit la panse devant la table. Le gâs Jules alleu s’mett à servir la soupe, et ben, c’est là qu’ça a commenceu : v’là eune guêpe qui rentre dans la pieuce et qui s’met à "vouzouneu" . Faut dire que l’gâs Jules était ben énerveu avec tout l’cid qu’on avait goûteu. V’la la guêpe qui s’approche de sa goule. . . Ah dame bon d’la. . . Pan dans la guêpe ! C’est la mère qui brailleu, et l’gâs Jules qu’était fâcheu, et la guêpe qui "vouzouneu. . . Une si belle soupière dites, qui li v’nait d’son grand-père qu’était chouan à Olivet, qui la t’nait d’son grand-oncle qu’était marin sous Louis XIV. . . Eh ben é’gueulait, la mère ! Ah, mais faut que j’vous esplique : Le gâs Jules, il avait rateu la guêpe, mais n’aveu point rateu la soupière qu’éteu d’vant li, ni la pile d’assieuttes qu’éteu à couteu. Yen aveu d’la casse ! Et la guêpe qui "vouzouneu tout l’temps ! Dame l’gâs Jules était tellement en colère, il attrape l’ poids d’la grosse horloge qu’était derrière li, et. . . pan dans la guêpe ! Eh ben é gueulait, la mère ! Un si bon père lapin, celui d’l’année dernière, y valeu ren, alors ils l’avaient changeu et c’ti là, y t’ait vraï bon, à c’que disait la mère au gâs Jules, pas la mère lapin (elle, é n’diseu rin. . . ). Et la guêpe qui vouzouneu tout le temps. Ah pasqu’il faut que j’vous esplique, avec le poids d’l’horloge, il avait rateu la guêpe, mais l’poids d’l’horloge y ’teu passeu à travers le carriau d’vit de la cuisine, et y’teu alleu tombeu dans la cabille à lapins qu’éteu en face, l’ père lapin il aveu la goule toute éclabouie.(écraseue) La mère gueulait d’pus en pus, le gâs Jules y t’tait d’ pus en pus fâcheu. V’la la guêpe qui s’remet à vouzouneu, le gâs Jules, y n’se sentait pus, il empogne son fusil d’chasse qu’était à la tête du lit, et pan, et pan, deux coups dans la guêpe. On est allé v ère, la grand-mère, à l’hôpital, ça va mieux, é s’en sentira même pas, mais on a eu grand peur . . . vous pensez, à 87 ans, on aurait jamais penseu qu’elle en reviendreu ! C’est la mère qui gueulait ! le gâs Jules li y tait à maïtieu fou. Ah c’est vraï, faut que j’vous esplique : avec ses deux coups d’fusil, il avait rateu la guêpe, mais dans l’coin du foyeu, y aveu la grand-mère qui mangeait sa soupe et qui n’diseu ren à personne, eh ben, elle a eu l’arrière train saleu ! Elle a pousseu un cri, la mère, craïant que le gâs Jules éteu dev’nu fou, avait grimpeu sur l’haut d’l’horloge je seu point coument, et qu’é s’ébrailleu "heula qu’é malheur, y va ben tueu tout l’monde, que c’est-y qu’j’ai fait au bon Dieu pour avère un paraïlle bonhomme". L’ grand-père, li, il aveu réussi à s’fourreu sous l’lit on n’seu point coument, on n’s’en est apperçut que tard dans la soirée, si ben que quand c’est qu’on l’a r’tireu, eh ben y éteu mort étouffeu. Le gâs Jules, li, y n’vayeu qu’la guêpe. La v’là tout d’un coup qui sort, et qui va se poseu, en vous respectant, su l’derrière d’la grosse jument qui pâtureu dans l’pre à couteu d’la maison. Le gâs Jules y s’approche tout doucement et pan. . .eune grande claque sur la guêpe. On a ben cru qu’il ’tait foutu quand c’est qu’on l’a rel’veu, on l’a emm’neu à l’hôpital et l’docteur, il a éteu ben coume il faut, il a fait passeu ça en accident du travail, si ben qu’l’assurance elle a payeu tous les frais. Le méd’cin il a dit qu’y boitreu même pas, mais on eu grand peur... Ah mais faut quej’vous esplique : lajument, quand c’est que le gâs Jules li a foutu eune claque su l’derrière, elle a eu pou, par la surprise, elle s’est mise à rueu. Le gâs Jules il a reçu les deux pieuds dans la panse, eh ben vous m’crèrez si vous v’lez, mais quand c’est qu’on l’a rel’veu, eh ben sur la panse, il aveu la guêpe qu’était écraseue.


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