Histoire des transports MUSTIERE CADUDAL                                           1930 - 2019 Nozay


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Clément MUSTIERE, naît le 18 septembre 1902 à Marsac sur Don (Loire Inférieure).

Il déménage vers 5 ans au village de la Butte à NOZAY – ses parents sont fermiers,puis au village de Beauvais également à NOZAY

Il commence sa vie active chez M. LERAY transporteur messagerie à NOZAY.  

M. LERAY avait succédé à M. Pierre GUILLET   qui assurait la messagerie sur Nantes avec cheval et charette  bâchée et l’autre découverte. Notamment  pour le transport des barriques que l’on aperçoit sur la photo.

Le 24 septembre 1930 , clément MUSTIERE épouse Anne Marie BOMME du Bois d'Inde en TREFFIEUX.


M.LERAY avait modernisé l'entreprise en achetant un camion qui à l'époque était équipé de roues à bandage et de phares à acétylène.



Ils sont domiciliés place du Champ de foire grâce à la gentillesse de  M. ROUX  (garagiste). Le 11 Octobre 1930 ils achètent l’affaire de M. LERAY ainsi que son camion pour la somme de 1,257 francs et 30 centimes, par l’intermédiaire du cabinet Chauvet. Pour les fonds, Anne Marie MUSTIERE emprunte à son oncle SIMON CHAINAIS Marchand de bestiaux qui habitait La 

Morlais à TREFFIEUX, ainsi qu’à La caisse Rurale.  

Leur camion est remisé dans un garage appartenant à M. AUBRY place de l’église. 



Le 15 avril 1938  ils achètent une maison située avenue Georges Clemenceau près de la Mairie à M. 

et Mme FRANCK (carriers) et quelques années plus tard, construisent des garages donnant sur la 

place de la Mairie.

Avenue Georges Clemenceau


L'activité de messagerie

Les jours établis pour se rendre à Nantes, sont le mardi et le vendredi. La veille, ils réceptionnent au bureau: des colis de toutes sortes – fûts de bonbons - barriques – vêtements – tissus à plisser, produits fermiers pour les petites sœurs des pauvres… 

 

Ils prennent aussi des commandes provenant des commerçants et artisans et c’est Mme MUSTIERE qui se charge de les porter dans les magasins nantais concernés en vue de leur préparation.  

A l’entrée de Nantes, ils doivent s’acquitter d’une redevance au point indiqué L’OCTROI (carrefour des fraises). 

Quand le temps est à la neige ou très froid la côte de Gesvres laisse des souvenirs impérissables de difficultés. 

 

En soirée ils repassent pour prendre les colis ou les entreprises les livrent au café de la place Viarme. Après chargement, le camion repart vers Nozay en s’arrêtant au passage dans les lieux suivants: Le pigeon blanc – Treillières – Curette – Saffré – le Bouillon Jaune – Puceul – La Grigonnais. Le lendemain le camion livrait les autres communes : Abbaretz – Treffieux – Jans – Marsac et Vay. 

 

Au début c’est un travail à deux, pendant que Clément livre avec le véhicule les colis rapportés de Nantes, Anne-Marie prend sa brouette et livre les petits colis pour les clients de Nozay . Leur première fille Annick naît le 19 juillet 1933 dans une nouvelle maison rue Saint Jean. 

 

Exemple des entreprises nantaises desservies: Le paradis de la soie (tissus et accessoires pour Melle GLOTON couturière) -  Guillouard pour les articles en métal ou inoxydable destinés à la cuisine le jardin et l’élevage -  Sucres SAY - PINSON (Lequippe et Pasgrimaud  marchands de bonbons) - boutons et plissés Au Fil d’Or – Renault et Shell – Papiers peints nantais – Chatelier (confection) Vissuzaine Lebert – BROSSETTE - AUTO PIECES NANTAIS pour les garages Roux, Durand, Dubourg) CHIMICOLOR pour les peintres Pedron Seiller etc.… 

 

Il transporte des barriques qu’il charge et décharge du camion  notamment les fûts de  muscadet venant de Vallet puis il les livre au café Baguet. Après avoir descendu la barrique à l’aide d’un poulain (sorte d’échelle avec 3  barreaux en fer incurvé), elle est roulée sur la route jusqu’à ce qu’elle soit descendue dans la cave du café à l’aide d’un palan. 

Sur le quai du garage, il stocke un demi muid de vin (soit 300 litres) duquel certains jours fixés, les voisins, amis, famille viennent remplir leurs litres.  

 

Pour vendre leurs produits: beurre et œufs, certaines femmes de la campagne montent dans le camion et reviennent  avec lui le soir. Une dame de la Calvernais MME LABARRE n’a pas hésité à se rendre à Nantes alors qu’elle attendait un enfant et qu’elle était au terme.  

M. MUSTIERE a eu beau lui déconseiller, elle a fait l’aller et retour et le soir même elle accouchait. 

Le dépôt des colis changera et c’est le café du Quai de Versailles, tenu par M. GUERIN, natif de La Grigonnais, qui sera le nouveau dépôt et le ralliement de nombreux nozéens.  

Jacques Bommé , Alfred Mustière

Voyage à Pen Bé, 1930

???, Madeleine et Prosper GRIMAUD - Clément et Anne Marie MUSTIERE - Berthe et Donatien MUSTIERE, Michel GRIMAUD -Yvonne LEBRETON - Claude MUSTIERE - Monique GRIMAUD - Annick MUSTIERE  

 

Pendant la guerre M. MUSTIERE est réquisitionné avec son camion -  qu’il vient d’acheter – récemment carrossé chez M. CANONET à NOZAY.  

 

Pour se sauver, et revenir a Nozay, il laissera son beau camion dans l’Est et réussira à revenir à Nozay par toutes sortes de moyens en trouvant et ramenant au passage un nozéen: Marcel MARZELIERE. 

 

En l’absence de M. MUSTIERE sa femme achète un autre car  - enlève les sièges - et emploie un chauffeur M.CHOTARD  pour continuer la messagerie indispensable au bon fonctionnement des commerces et artisans. Lors d’un retour de Nantes, le car prend feu avec à l’intérieur notamment un lot de papier destiné à l’imprimerie Genvret. Pendant longtemps on emploiera les restes de papier non brulé qui serviront à faire des factures et bien d’autres usages. 

Il lui faut acheter rapidement un nouveau car et elle continuera avec ténacité à maintenir ce service en changeant de chauffeur – pour un plus jeune et moins entreprenant ! -  M. Raymond Lesturgeon. 

 

A son retour de la guerre, M. MUSTIERE a dû acheter un nouveau camion, mais les prix s’étaient envolés par rapport à celui qu’il avait perdu. 

Il entreprend alors une autre activité – les déménagements. Cette activité a correspondu à la période de guerre ou la demande était forte. Pour protéger le mobilier, il met au fond du camion, une couche de paille ou de foin et il n’y a jamais eu aucun problème.  

Il est notamment reconnu pour transporter les pianos et coffre-fort, parfois même dans les étages. 

Il a une méthode avec des sangles pour y arriver plus facilement. Il emploie tout d’abord un salarié Maurice FRASLIN puis Maurice MOREL (qui sera par la suite marchand de poisson rue de l’église). Ces salariés résident à la maison Mustiere, y dorment et prennent leurs repas avec toute la famille. 

 

Jeannette leur deuxième enfant naît le 21 février 1942 avenue Georges Clémenceau. 

 

Mme MUSTIERE se consacre désormais totalement à la partie commerciale, accueil téléphonique, réception des clients, des colis, établissement des devis, préparation des voyages, factures avec Annick revenue du pensionnat St Félix et qui a appris à « taper à la machine ».  

Alors que Mme MUSTIERE n’avait pas eu de formation, elle s’est révélée excellente commerciale et organisatrice.

Après la guerre,  les gens ont envie de voyager, ils achètent un premier car issu de la guerre. C’est un car brûlé qui restera un certain temps sur la place de la mairie, puis, il le conduit à TREDION chez un carrossier qui le remet totalement en état il est rouge et bordeaux c’est l’événement à NOZAY !!!   

 

Clément leur 3ème enfant naît le 24 septembre 1944 et Paul naît le 11 août 1946. 

 

Pour l’aider dans toutes ces activités Mr Mustière embauche son beau-frère Jacques BOMME.  

Il organise des voyages d'un jour : la côte pour commercer – Pen Bé, PIRIAC, surtout pour la pêche aux moules, Le cap Fréhel,  le Mont Saint Michel – Rochefort en terre… 

 

Mr MUSTIERE adorait les voyages et aimait faire découvrir aux autres les beautés des paysages et 

de la nature.

 

 

Les filets bleus à Concarneau 


Ils achètent ensuite plusieurs cars et organisent des pèlerinages: Lisieux – Lourdes - Pontmain etc... 

 

Tous ces pèlerinages sont agrémentés d’arrêts touristiques : Le gouffre de Padirac ; Rocamadour ; Oradour sur glane ; Le Pic du midi; Le Lac de Gaube; Les grottes de Betaram…  

Les pèlerins de Nozay devant l'hôtel du bon Pasteur.

Lourdes 1956

Les dimanches d’hiver les cars emmènent les équipes de football « l’Espérance » et « l’Amicale » dans leurs déplacements.

 

Il y aussi les colonies de vacances du patronage avec l’abbé Houssais.  

Les tentes étaient faites de bâches louées chez "Saints frères". Les hampes des oriflammes de la fête dieu servaient de mâts. L'un d'eux à d'ailleurs cassé dès le premier soir, dans un pré à Nevers.

Voyage en Suisse

La cuisine rustique , c'était l'aventure !


Les jeunes filles de Nozay avec l'abbé  Pabois à Solesmes

La Fédération des amicales laïques organise des voyages à l’étranger réservés aux jeunes, avec logement dans les auberges de jeunesse tout au long du parcours et sont confiés aussi aux cars Mustière.

L’activité grandit avec l’achat de camions bennes et de nouveaux cars, pour ces nouvelles activités, ils embauchent deux salariés : André BOUVAIS et Jean CHAILLEUX.

Au fur et à mesure que les enfants grandissent ils sont mis à contribution. Annick conduit voiture – taxi – ambulance et mini bus  pour des petits déplacements : mariages – enterrements -  vœux des religieuses à Saint Gildas des bois. Jeannette prend le relais dès ses 18 ans. 

 

En 1955 Annick se marie avec Jean CADUDAL chauffeur chez DROUIN.  

 

 

 

 

M. Jean CADUDAL intègre à ce moment l’entreprise

 MUSTIERE.


 

1962 – 1964  Clément et Paul à l’âge de 18 ans passent leur permis poids lourds et pendant les vacances scolaires transportent les matériaux de la carrière de Craon La Grigonnais pour les besoins des chantiers routiers et de remembrement 

(Messac) – CHARIER -  NIDELAIS et le gravier de Maquignac. 

Ils font la course avec les autres camions  – à celui qui fera le plus de tours dans la journée - et ne se font pas bien voir des autres chauffeurs !!!


En 1962 M. MUSTIERE a un grave accident au retour de Nantes en livrant sa messagerie.  

Une voiture conduite par un Monsieur faisant un malaise cardiaque est venu heurter de plein fouet le camion de M. MUSTIERE faisant un mort (le conducteur de la voiture) et en attendant les secours M. MUSTIERE s’est permis de regarder dans le portefeuille ou il a trouvé une carte indiquant qu’il était cardiaque. Bien que non responsable, M. MUSTIERE a eu son permis retiré quelques mois. 

 

En 1968 M. MUSTIERE décide d’arrêter son activité et de prendre sa retraite à 66 ans. Il souhaite vendre ses cars à ses successeurs.  

 

M. MUSTIERE décède le 11 Octobre 1989 et Madame MUSTIERE le 24 Décembre 1997. 


 En 1959 M. et Mme CADUDAL font construire une maison place de la Mairie sur un terrain jouxtant les garages, que M. et Mme MUSTIERE leur donnent. Ils y entrent le 1er janvier 1960

 

Annick et Jean ont eu 4 enfants : Annie qui deviendra commerciale en aciers spéciaux, Jean Marc informaticien, Gaëtan, d’abord chauffeur puis gérant de la société CADUDAL, Christophe, éducateur en milieu handicapé qui décèdera à 23 ans d’un accident de moto. 

 

Le 1er janvier 1964, Annick et Jean CADUDAL achètent le camion de messagerie de l’affaire  MUSTIERE (photo) et poursuivent l’activité qui deviendra l’entrepriseCADUDAL. 


 

 

Puis 6 mois après le camion est HS et il leur faut en acheter un nouveau plus grand – semi-remorque – pour le transport d’engrais – ciment – bois - avec l’aide de M.BABIN CHEVAYE vendeur de l’entreprise SDVI. En même temps ils achètent un petit camion pour continuer messagerie et déménagements. 

 

Un chauffeur est embauché Marcel MOREAU. 

 

L’entreprise s’est agrandie, les camions stationnent sur les places et causent des nuisances aux voisins.  


EN 1970 M. et Mme CADUDAL achètent un terrain à M. JEAN GUYON, maire de NOZAY situé au lieudit « le pré de Jouvence » derrière l’ancienne gare. Ils y font construire un garage par l’entreprise GRIMOUX de La Grigonnais. 

 

Petite anecdote :  

Avant d’être utilisé comme garage de camions, en raison de travaux importants à l’église de Nozay, il servira d’espace pour la communion solennelle des enfants (dont fait partie Gaëtan) et érigeront un autel !!! 

 

Entre-temps, l’entreprise CADUDAL modifie l’ensemble de l’activité en transports d’engrais - ciment et de matériaux de toutes sortes cesse la messagerie et continuent les déménagements. Ils ont 5 camions. 

C’est Mme CADUDAL qui gère la recherche de clients et l’organisation du travail à ce moment le développement se fait vers la longue distance et c’est un gros travail pour trouver l’affrètement dont elle se charge totalement. 

En 1972 M. GUE alors directeur du centre d’handicapés de BLAIN ainsi que le directeur de la DAS sont venus supplier M. CADUDAL pour mettre à leur disposition un véhicule permettant le ramassage des enfants de leur domicile au centre de BLAIN. 

C’est tout d’abord un car de 50 personnes mais il n’est pas adapté au public et ils décident l’acquisition de deux minibus pour continuer cette activité de transport d’handicapés d’abord enfants puis adultes – ramassage des handicapés à leur domicile et retour le soir. 

 Avec l’acquisition d’un petit car ils prendront le marché de transport d’handicapés pour l’établissement de BLAIN. 

 

En 1974 Ils font construire une maison à proximité du garage afin de gérer plus facilement l’entreprise.  

 

Pendant quelques années ils continueront les cars et notamment les transports scolaires et les voyages de fin d’année jusqu’en 1977. Ils décideront ensuite d’abandonner et les vendront à l’entreprise PROVOST.


André Chenuet, Robert Etrillard, Henri Morel,  Jean Cadudal, Marcel Moreau, Paul Moisan,  André Bouvais. 

Sortie annuelle au restaurant de tout le personnel avec leurs épouses.



L’activité se poursuit avec l’achat de nouveaux véhicules et l’embauche d’autres chauffeurs.  Ils seront au total 7. Ils assureront avec 3 véhicules l’ouverture de l’usine d’engrais Gardiloire.

 

Transformation de l’entreprise individuelle en S.A. le 1er janvier 1987 afin d’intégrer leur fils Gaëtan en tant que gérant, Jean CADUDAL étant directeur.  

Gaëtan avait préalablement fait un CAP et passé le permis poids lourd à 19 ans au entre routier de Nantes, puis passé son BEP transport aux Bourdonnieres. Enfin à 21 ans il obtient son attestation de capacité; indispensable  pour être gérant d’une entreprise de transport; au centre routier de Nantes et intègre alors l’entreprise en tant que chauffeur. 


En 1989 Irène FIOT rejoint Gaëtan et elle remplacera très vite sa belle-mère au bureau pour l'affrètement en longue distance ainsi qu'au niveau régional. Ils auront deux enfants : Romain et Olivia. 

Jean CADUDAL décède  le 12 juillet 1989. 

 

En 1998 Gaëtan rachète toutes les parts des associés et devient directeur de son entreprise. 

En 2005 après une grave maladie, Mme CADUDAL Irène décède et Gaëtan continue seul encore deux ans, puis projette de céder l’entreprise avec les salariés à l’entreprise MALGOGNE de CHATEAUBRIANT Les salariés refusent les conditions de reprise proposées par l'Entreprise MALGOGNE et Gaëtan est obligé de licencier le personnel et vend ses camions. 

Quant à lui, il continue de travailler en location avec son tracteur pour cette même entreprise MALGOGNE. 

 

En Janvier 2020, n’ayant pas de repreneur, Gaëtan décide de vendre son tracteur, de liquider la société et de prendre sa retraite à 60 ans. 

  

C’est la fin de l’Entreprise MUSTIERE CADUDAL. 




 

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