Les mystères de la vieille église

Au fil des travaux de restauration menés par des bénévoles et des professionnels du bâtiment, divers objets ont été mis au jour dans et autour de l’ancienne église de Nozay.

Surgissant là où on ne les attendait pas, ces découvertes nourrissent encore aujourd’hui bien des interrogations.

En 2026, l’ASPHAN prévoit de confier des investigations archéologiques et documentaires à un prestataire spécialisé, dans le respect d’un cahier des charges établi par les Services régionaux de l’Archéologie (SRA) des Pays de la Loire. Cette nouvelle étape permettra-t-elle d’éclairer certaines de ces zones d’ombre et de percer, enfin, quelques-uns des nombreux mystères de la vieille église ?

 


1986 : les fonds baptismaux
Lors du déblaiement de la nef en 1986, à côté de la grande porte, un petit banc triangulaire en maçonnerie est découvert dans un angle du bâtiment. A quoi pouvait-il servir ? Mystère...

 

La réponse surgit le 1er mai 1987, quand à l’occasion de travaux de terrassements devant la grande porte, une voisine, très âgée, demande aux ouvriers de creuser à un endroit précis. Selon elle, les fonts baptismaux de l’église y sont enfouis.
On creuse ...et on les y découvre effectivement !
Cette grosse cuve carrée en granit est percée au fond (comme un lavabo) et porte une feuillure pour accueillir un couvercle.
Elle est toujours entreposée dans l’église. Elle est d’un modèle typique du 13e s... Les archéologues le confirmeront ou pas lors des études prévues en 2026. 

 



1987 : la piscine

En 1987, lors de la démolition d’un grand mur de séparation entre 2 parties de l’église à savoir le chœur et la croisée des transepts, les participants d'un chantier de jeunes travailleurs découvrent dans le mur sud de l’ancien chœur une grande niche, aussi appelée piscine. De quand date-t-elle : 13e s. ou 15e s. ?

Quelle était sa fonction précise dans la pratique du culte catholique ? 
Mystère...



1994 : les vases de terre cuite

En 1994, en préparant des travaux au niveau du sol dans la sacristie sud, sous les tomettes, 7 petits vases -ou cruches - en terre cuite sont découverts. Le plus incroyable est qu’ils sont tous intacts.

Qui les a cachés ici et dans quelles circonstances ? L’un des curés de l’église ? Le dernier utilisateur de cette pièce, avant 1950, qui était forgeron ?

Que contenaient ces vases à l’origine ?

A quel rite ou usage pouvaient-ils servir ? Mystère...



1998 : les abats sons

En 1998, l’architecte préparant les premiers travaux dans l’église fait un état des lieux de l’ensemble du bâtiment. Dans le chœur, il remarque 4 poteries insérées dans le mur du fond, à 4m de haut. Pensant que ce sont des abats-sons, des amplificateurs, comme à l’abbaye de Melleray, d’époque romane, il date ces poteries de la même époque.

On découvrira plus tard, grâce aux archives, que le chœur est un agrandissement de 1829.

Reste un mystère : pourquoi ces poteries possèdent-elles chacune une anse ?
Est-ce que ce sont les abats-sons médiévaux d’origine réutilisés à cet endroit en 1829 avec le même usage...ou des poteries archéologiques retrouvées dans le sol en 1829 et détournées pour être ré-employées comme amplificateurs ?



2002 : des objets conservés à 6 mètres du sol

En 2002, en restaurant la charpente de la nef, les charpentiers découvrent plusieurs objets sur les arases des murs, à 6m de haut, tous avec leur petite part de mystère :

① un pic taillé dans un bois de cerf : objet préhistorique par excellence 

② Un morceau d’un verre avec son anse, très travaillé et digne de la haute société ;

Mais aussi  : une patte de poulet (butin d’une fouine ou hibou ?) ;

un œuf de poule fossilisé (reste du repas d’un ouvrier du moyen age, ou l’œuf d’une poule acrobate ?).

 

 

Article d'Yvan TEFFO