"Grâce à la découverte du timbre de Laennec tout à fait par hasard, j’ai décidé de répertorier les timbres de Loire-Atlantique;
Aussi me suis-je adressée à un philatéliste passionné, Jean-François Rose, qui en a dénombré 30 et les a photographiés.
A partir de là, il a fallu rechercher l’histoire de chacun. Aujourd’hui, par le biais de l’Asphan, en voici une partie qui vous est présentée."
Monique Guillet
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SOURCES : Monique Guillet (textes) – Jean-François Rose (Photos)
LE MARAIS DE BRIERE
Par Isy Ochoa
Timbre émis en 2013
N° AA846 du catalogue Yvert et Tellier
Au nord de l’estuaire de la Loire, sur l’océan Atlantique, le marais de la Brière a été formé depuis près de 18.000 ans. Suite aux fluctuations du niveau de la mer, une dépression géographique
s’est ainsi créée qui en fait une zone humide.
Au gré des siècles, ce marais fut recouvert de forêts, de roselières (exploitation des roseaux), de plantes palustres. Il a été utilisé pour la tourbe, le chaume, la chasse et la pêche. Son
niveau d’eau s’est stabilisé à l’époque gallo-romaine.
Suite aux lettres patentes de François II, Duc de Bretagne, datant de 1461, puis du Roi Louis XVI en 1784, le marais de la Brière détient un statut juridique particulier. La propriété du marais
est collective, indivise et inaliénable, couvrant alors 6.700 hectares. De nos jours, il est géré par la Commission Syndicale de Grande Brière Mottière créée en 1838.
Fin 19ème, l’exploitation du marais décline, les hommes vont travailler en ville, le chaume est petit à petit abandonné (remplacé par l’ardoise). Au 20ème siècle, la dégradation s’accentue. La
1ère Guerre Mondiale entraine la fin du commerce de la tourbe.
Avec la 2ème Guerre Mondiale et l’occupation allemande, le marais est volontairement inondé pour empêcher les parachutages ennemis. C’est alors que les roselières se développent.
Dans les années 50, sont mis en place de nouveaux canaux qui nuisent aux pâturages, peu accessibles. En 1970, pour protéger ce patrimoine, les élus décident de créer le Parc Naturel Régional de
Brière.
Drainé par le dernier affluent du fleuve de la Loire, le Brivet, ce territoire comprend 21 communes et s’étend sur 49.000 hectares dont 17.000 hectares de zone humide. La Brière est devenue
réserve naturelle depuis 2012, démontrant tout l’intérêt écologique à sauvegarder.
ABBATIALE DE SAINT-PHILBERT-DE-
GRAND-LIEU
Par Thierry Mordant (1973)
Timbre émis en 2019
N° 5334 au catalogue Yvert et Tellier
Au VIIème siècle, le moine Philbert crée une abbaye sur l’île de Noirmoutier. Mais au IXème siècle, devant les raids vikings et les invasions normandes, le roi Louis 1er (fils de Charlemagne)
autorise la construction d’une Abbatiale par des moines bénédictins où sont alors déposées les reliques vénérées de Saint-Philbert. L’Abbatiale prendra son nom, ainsi que la commune en 1159
(précédemment appelée Deas).
De style carolingien, l’édifice, l’un des plus importants du Pays de Retz, a fait l’objet d’un timbre pour marquer son 1.200ème anniversaire. L’oblitération 1er jour a eu lieu les 14 et 15 juin
2019 à Paris (Carré d’Encre) et à St-Philbert-de-Grand-Lieu (salle de l’Abbatiale).
Il ne reste aujourd’hui que l’église entourée de quelques bâtiments et d’un jardin pédagogique de plantes médicinales (dit jardin des simples). Ce joyau architectural, classé Monument Historique
en 1896, est ouvert à la visite et se veut un lieu culturel actif avec notamment des concerts d’orgue.
Bribes d’Histoire… Suite à une attaque des Normands, les moines s’enfuirent pour se réfugier à Tournus, emportant le corps de Saint-Philbert. Des fouilles permirent de retrouver le sarcophage du
Saint. Depuis 1936, l’Abbatiale est réaffectée au culte.
L’Abbatiale de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu se veut le plus ancien monument carolingien de France, reconnu unique dans l’art religieux préroman. Son clocher haut de 65 m, ses superbes vitraux
signés Gruber pour certains, son orgue remarquable (jeu de clarinettes exceptionnel) contribuent à valoriser l’édifice.
NANTES – PONT DE CHEVIRE
Par Pierre Forget
Timbre émis en 1991
N° 2704 au catalogue Yvert et Tellier
Pont autoroutier à 2 fois 3 voies afin de franchir la Loire à l’ouest de Nantes, le pont ou viaduc de Cheviré s’étend sur une longueur de 1.563 m et sur une largeur de 36 m. Conçu par
l’architecte Philippe Fraleu, en béton armé précontraint (Entreprise Quillerie) et en acier (Atelier de Construction de Paimboeuf), ce pont fut inauguré le 27 avril 1991 par le 1er Ministre de
l’époque, Michel Rocard, après un peu plus de 4 ans de travaux.
Le pont de Cheviré est bâti en zone complètement plate et sa hauteur culminant à 52 m, permet le passage de gros navires sur l’estuaire, à destination des quais de la zone portuaire commerciale
et industrielle. La contrainte de l’aéroport de Nantes, tout proche, a imposé un plafond aérien de 91m NGF (Nivellement Général Français).
Le coût final de l’ouvrage s’élève à 522 millions de francs (1991), soit 138 millions d’euros actuels : 55 % financés par l’Etat et 45 % par l’agglomération nantaise.
Ce pont a permis de soulager le trafic venant du Nord-Bretagne vers le sud, et sens inverse, qui auparavant transitait par le pont de Saint-Nazaire, alors saturé, ou par le centre-ville de
Nantes.
La vitesse est limitée à 70 km/h depuis 2013. Très emprunté, on y voit souvent des ralentissements, voire des bouchons, surtout le matin en semaine. C’est la raison pour laquelle la voie de
droite (nord-sud) est réservée aux véhicules se rendant à Noirmoutier et celle en sens opposé (sud-nord) à ceux allant en direction de Saint-Herblain ou Nantes. Il peut être fermé en cas de grand
vent.
Il n’y a pas de voie « véhicules lents » et les poids-lourds ont interdiction de passer sur la 3ème voie, comme il est stipulé dans le code de la route français.
NANTES LOIRE-ATLANTIQUE
Par Claude Jumelet (1946)
Timbre émis en 2003
N° 3552 au catalogue Yvert et Tellier
Réunis sur un même timbre : la tour Lu et le tramway…
Fondée en 1846, la biscuiterie Lefèvre-Utile (LU) menée par une dynastie de pâtissiers donne toujours une enseigne emblématique à la ville de Nantes, empire industriel du passé nantais,
transformée depuis l’an 2000 en Centre culturel, scène nationale le « Lieu Unique » (toujours LU). Deux tours jumelles construites en 1909 mesurent 42 mètres de haut, destinées à servir de silos
à farine, conçues en béton armé et métal dans le style Art nouveau par Auguste Bluysen avec Georges Lafont, architectes.
Au XXème siècle, l’usine LU connaît un essor considérable, produisant le célèbre Petit-Beurre et la Paille d’Or (créée en 1905). Cette industrie emploie 1.200 ouvriers (ières) et produit 20
tonnes de biscuits par jour. Elle est bâtie sur une précédente usine, Quai Ferdinand-Favre, et en 1913, elle couvre une surface de 40.000 m².
Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale (1943) ravagent Nantes et détruisent certaines structures de l’usine, les deux tours sont bien endommagées. Elle seront détruites en 1972 lors de
grands travaux urbains, la tour ouest est complètement rasée, on reconstruit la seconde.
L’usine transfère sa production et son personnel sur le site de La Haie-Fouassière. En 1995, la ville rachète l’annexe Ferdinand-Favre, devenu site protégé, ouvert à la culture : un Centre d’Arts
atypiques de 8.000 m². La coupole de la tour (primitivement construite en 1909) agrémente le bâtiment, parure symbolique du lieu.
BORDS DE LOIRE
Par Bruno Ghiringhelli
Timbre émis en 2007
N° 4017 au catalogue Yvert et Tellier
Le timbre « Bord de Loire » fait partie d’une série célébrant le plus long fleuve de France, le plus irrégulier aussi, allant de sa source au Mont-Gerbier-de-Jonc (Ardèche) à son estuaire près de
Saint-Nazaire. Historiquement, la Loire représente un axe de communication important pour le commerce maritime et fluvial (transport des matériaux et marchandises) et un lieu stratégique pour la
défense (ponts, châteaux) bien au-delà du Moyen-Age.
A la moitié du XIXème siècle, pour maintenir les conditions de navigation sur le fleuve, l’activité portuaire se concentre sur le site de Saint-Nazaire, notamment l’accès à l’océan depuis Nantes,
malgré l’ensablement. L’estuaire a vu de colossaux aménagements : construction du canal de la Martignière en 1882 et 1892 et l’entretien d’un chenal naissant loin en mer afin de permettre à la
marée de remonter au-delà de Nantes.
Plus de 180 espèces d’oiseaux migrateurs sont recensés ainsi que des poissons d’exception : brochets, anguilles, lamproies, silures. La pêche en Loire a diminué d’importance. Autrefois, elle se
pratiquait en barques ou au carrelet. A l’estuaire, la pêche à la civelle offrait une consommation populaire jusque vers 1970. Depuis, la rareté de l’alevin en a fait un plat de luxe.
Quant à l’exploitation du sable de Loire, les prélèvements à outrance pour les cultures maraîchères et le bâtiment ont conduit les autorités à l’interdire.
Espace récréatif, les bords de Loire offrent de nombreux loisirs, promenades, parcours touristiques, pistes cyclables, etc. Doté d’un patrimoine naturel remarquable, l’estuaire de la Loire figure
au réseau « Natura 2000 » et est classé à l’inventaire du Conservatoire du Littoral.
HENRI IV et L’EDIT DE NANTES 1598
Par Albert Decaris (1901-1988)
Timbre émis en 1969
N° 1618 au catalogue Yvert et Tellier
Promulgué en avril 1598 par Henri IV, l’Édit de Nantes met fin aux guerres de religion en accordant aux protestants plusieurs droits (liberté de culte, droits civils et politiques, un subside
annuel). Ainsi s’arrêtèrent ces guerres dévastatrices entre catholiques et protestants qui ravageaient le royaume de France au XVIème siècle.
Une première version de l’Édit signé à Nantes est perdue, seule la seconde version datant de 1598 se veut authentique, copie conservée à la Bibliothèque Publique et Universitaire de Genève.
Cet Édit de tolérance a été révoqué par Louis XIV en octobre 1685 (Édit de Fontainebleau). Déjà sous Louis XIII, suite à la crise de 1627-1629 marquée par le siège de La Rochelle, l’Édit subit
des restrictions. A partir de 1661, une politique de conversion fut menée auprès des protestants afin de devenir catholiques.
Auparavant, il y eut plusieurs Édits de pacification, notamment l’Édit de St-Germain sous Charles IX (17 janvier1562) et l’Édit de Beaulieu sous Henri III (6 mai 1576).
Henri III n’ayant pas d’enfant, la succession du trône (Loi Salique) revint à Henri de Navarre, Chef protestant, qui se convertit au catholicisme en 1593 et fut sacré Roi à Chartres en
1594.
L’Édit de Nantes comporte 92 articles, 56 articles publics et 2 brevets (des 3 et 30 avril). Le protestantisme, appelé alors « Religion Prétendue Réformée », se voit octroyer la liberté de
conscience. Mais l’Edit ne satisfait pas les protestants, ni surtout les catholiques. On modifie 2 points : l’un consiste à n’avoir qu’un seul magistrat calviniste concernant la Chambre de
l’Édit, l’autre interdit le culte protestant dans les villes-sièges d’un évêché ou archevêché et dans les fiefs appartenant à des ecclésiastiques. Il est enfin enregistré par le Parlement de
Paris en 1599.
L’Édit de Nantes ne fut pas un acte gracieux dû à la souveraineté du roi Henri IV mais un traité dont les articles furent longuement débattus. État transitoire, cet Édit marque un tournant dans
les mentalités de l’époque. Henri IV a réussi un tour de force en maintenant les deux religions dans son royaume, mettant fin à 36 ans de guerre de religion.
PORNIC Loire-Atlantique
Par Elsa Catelin (1975)
Timbre émis en 2010
N° 4454 au catalogue Yvert et Tellier
Située à l’ouest de la France en Loire-Atlantique, la commune de Pornic fait partie de la Bretagne historique, dans le traditionnel Pays de Retz et du Pays nantais. Jolie station balnéaire, elle
attire touristes et vacanciers, bénéficiant d’un patrimoine diversifié : son port, son château, ses plages, ses pêcheries, sa fraiseraie, sa thalassothérapie, etc… Tous ces critères contribuent à
en faire un joyau sur la Côte de Jade.
Le nom de Pornic apparaît pour la première fois en 1083, tiré de Porniti (signifiant port). En effet, pendant des siècles, Pornic a été un port important avec la proximité des salines de la baie
de Bourgneuf. Du fait de son intérêt, cette commune a subi de nombreuses invasions (Romains, Sarrasins, Vickings).
Au Xème siècle, on la protège par une forteresse édifiée par Alain Barbe-Torte et intégrée dans la baronnie de Retz. L’église Sainte-Marie existe déjà en 1050 et le château fort appartient en
1370 à Gilles de Laval, père du fameux Gilles de Rais ou Retz (dit Barbe bleue). Ce château détient une fonction défensive et un rempart entoure la ville.
Pendant la Révolution, Pornic est républicaine et subit les attaques des « Blancs » en mars 1793. Ce fut un affreux massacre. Les insurgés menés par Charrette mettent le feu à la ville,
détruisant 34 maisons et endommageant une vingtaine d’autres.
La commune a connu un développement important avec l’arrivée des premiers étrangers et du tourisme qui ont joué un rôle crucial dans son économie.
Pornic se divise en deux : la ville haute (église, hôpital) et la ville basse (port et quais, château). Par arrêté du 30 mai 1973, cette ville se voit augmentée de deux autres communes : Le
Clion-sur-Mer et Sainte-Marie-sur-Mer.
Chef-lieu de canton, dépendant de l’arrondissement de Saint-Nazaire, Pornic compte aujourd’hui 18.745 habitants (Insee 1er janvier 2026).
QUEEN MARY 2
Par Michel Bez (1951)
Timbre émis en 2003
N° 3631 au catalogue Yvert et Tellier
La France détient un savoir-faire historique en matière de construction navale de prestige. Fin novembre 1999, le britannique Cunard Line arrête son choix sur les chantiers de Saint-Nazaire du
groupe Alstom pour construire un paquebot transatlantique, destiné à effectuer une ligne régulière de l’Europe à l’Amérique : un voyage de 5 à 6 jours.
Baptisé « Queen Mary 2 », le paquebot se veut attractif pour les croisières, doté de 955 cabines avec balcon sur mer qui enchantent les passagers et 355 cabines intérieures. Elles sont placées
hautes à bord pour rester à sec lors des tempêtes.
Le paquebot compte 20 restaurants, un théâtre de 1094 places, une salle de bal et une boîte de nuit, une bibliothèque, 5 piscines, 8 jacuzzis, un centre de thalassothérapie (50 employés), un
casino, un cinéma 3 D, un planétarium, un jardin d’été, un chenil… Les passagers bénéficient de 17 ponts et les locaux publics s’étalent sur 26.800 m2. Pour orner l’espace, quelque 300 œuvres
d’art sont exposées d’une valeur de 4,4 millions d’euros.
Il est mis en service le 12 janvier 2004, chef-d’œuvre d’architecture navale. Son équipage compte 1253 personnes. En 2016, le « Queen Mary 2 » subit des transformations. On lui ajoute 15 cabines
individuelles, 30 cabines avec balcon, et 10 chenils.
Fleuron de la Cunard Line, ce transatlantique multiplie les destinations autour du monde : l’Asie, l’Australie, etc., avec la possibilité de voyages à thème (musicaux, littéraires,
gastronomiques), naviguant à la vitesse de 29,3 nœuds.
ANNE DE BRETAGNE 1477-1514
Par Yves Beaujard (1939-2024)
Timbre émis en 2014
N° 4834 au catalogue Yvert et Tellier
Née à Nantes le 14 janvier 1477, Anne de Bretagne est la fille ainée du Duc de Bretagne François II et de Marguerite de Foix. Faute d’héritier mâle, Anne devient Duchesse de Bretagne à la mort de
son père en 1488.
Pour maintenir ses droits et la paix, elle épouse le 6 décembre 1491 le roi Charles VIII (fils de Louis XI) apportant en dot la Bretagne, rattachée ainsi au royaume de France. Charles VIII décède
en 1498 à Amboise des suites d’un coup violent à la tête. Aucun des trois fils du couple n’ayant survécu, Louis XII devient alors prétendant au trône et signe une promesse de mariage avec Anne
qui, pour la 2ème fois, devient donc reine de France en 1499, et suite au contrat matrimonial, elle conserve le gouvernement de la Bretagne.
Des enfants naissent de cette union mais seule sa fille Claude jouera un rôle important en épousant François d’Angoulême, futur François 1er.
Anne de Bretagne meurt à 37 ans au château de Blois le 9 janvier 1514 de la « gravelle », maladie produite par des « petits graviers » dans les reins ou la vessie (calculs de nos jours). Elle est
inhumée dans la basilique de Saint-Denis et son cœur, déposé dans un reliquaire, est rapatrié à la cathédrale de Nantes.
Anne de Bretagne est reconnue comme une femme pleine de sagesse et de fermeté. Elle a protégé les artistes et les poètes à la cour de France. En 2014, un timbre-poste lui est consacré pour le
500ème anniversaire de sa mort.
LES MARAIS SALANTS
Par Bruno Ghiringhelli (1991)
Timbre émis en 2006
N° 3883 au catalogue Yvert et Tellier
Également dénommés salins, les marais salants sont des installations humaines qui permettent de récolter du sel grâce à l’eau de l’océan Atlantique (25g/litre), eau canalisée dans les terres à
l’aide de barrages et vannes suite à une légère et constante dénivellation. En fonction du mouvement des marées, ces canaux, les étiers, conduisent l’eau à des bassins de rétention (carreaux ou
œillets) peu profonds qui, après évaporation de l’eau, laissent apparaître la couche blanche du sel.
Cette activité, la saliculture, est réalisée par des sauniers, paludiers ou saliculteurs. Les marais salants de Guérande (44) sont particulièrement réputés pour la pureté et la qualité du sel. A
partir du Croisic, l’eau de l’océan Atlantique remonte jusqu’à la vasière, premier bassin d’évaporation servant de réserve entre deux marées et également de bassin de décantation. Enfin, l’eau
arrive dans les œillets où le sel va se cristalliser (chlorure de sodium).
Les premières traces de l’exploitation du sel apparurent dès l’âge du Fer. En 945, les moines de l’abbaye de Landévennec en tracent les plans, toujours d’actualité, en tenant compte de la
direction du vent, des rayons du soleil, des marées.
Sous les Romains, l’amélioration des routes en Gaule et des transports maritimes favorisent l’essor des marais salants. Le sel devient une richesse, monnaie d’échange sur de longues distances
mais utilisé aussi pour la conservation des aliments, notamment les salaisons, jusqu’à l’invention de la conserve.
A travers les âges, le sel joue un rôle économique important d’où des impôts indirects, tels que les « tonlieux » (taxe sur les marchandises perçues lors des transports ou passage des ports, des
ponts sur la Loire et ses affluents) ou encore la « gabelle » créée par Philippe de Valois (1341) et supprimée à la Révolution (1790), remplacée par un impôt sur le sel (1806) qui prendra fin en
1945.
En 1988 est créée une Société Coopérative de Producteurs. Les salines de Guérande produisent et commercialisent 12.000 tonnes de sel par an, réalisant un chiffre d'affaires d'environ 26 millions d'euros, soit plus de 70 % de la production du sel de Guérande. Sel et fleur de sel "Le Guérandais" bénéficient officiellement de critères de qualité : "Indication Géographique Protégée", "Label Rouge", "Nature et Progrès", "Certification IFS".
Jules Verne (1828-1905) est né à Nantes, sur l’île Feydeau, fils de Pierre Verne (Avoué) et de Sophie Alotte de la Füye, issue d’une famille d’armateurs.
Il est l’ainé d’une fratrie de cinq enfants. En 1834, il est mis en pension à l’âge de 6 ans. Plus tard, il entre au collège religieux Saint-Stanislas, puis de 1844 à 1846, il se retrouve pensionnaire au Petit Séminaire de Saint-Donatien. Jules étudie au Lycée Royal de Nantes et réussit le baccalauréat (mention assez bien). Il poursuit des études de droit.
Jules dévore les œuvres de Dumas, Hugo, Molière et Shakespeare. Il commence sa carrière en écrivant des pièces de théâtre, avant de se tourner vers le roman où il obtient un vif succès grâce à
son imagination et son talent. Il fréquente les salons littéraires.
Membre du Yacht Club de France depuis 1874, Jules Verne remplace son 1er bateau « St-Michel I » par la construction d’un second « St-Michel II », cotre de plaisance (bâtiment à un mât) qui
lui permet de sillonner la Manche et l’Atlantique durant 18 mois. En 1878, sur le nouveau « St-Michel III », il navigue de Lisbonne à Alger et en juillet 1879, il visite la mer du Nord, la
Hollande, l’Allemagne, la Baltique, puis s’embarque pour un voyage aux Indes. En 1884, il part du Tréport, port d’attache de son bateau, pour une croisière sur la Méditerranée de 2 mois. En 1885,
il vend son bateau au courtier maritime Martial Noé.
Suite à son talent d’écrivain, il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1870.
De 1888 à 1904, Jules est élu au conseil municipal d’Amiens où il réside,. Dès 1890, il devient membre très actif de l’Alliance Française. Républicain sans conviction, il est davantage monarchiste.
Le diabète attaque son acuité visuelle, il dira « à mon âge, les mots s’en vont et les idées ne viennent plus ». Jules Verne s’éteint le 24 mars 1905 à Amiens.
Une foule de plus de 5.000 personnes se presse à l’église Saint-Martin d’Amiens où sont prononcés de nombreux discours, entre autre celui de la Société de Géographie…
Capitaine du Nautilus dans « 20.000 lieues sous les mers » paru en 1869, Némo reste une icône parmi ses voyages extraordinaires. L’écrivain totalise 62 romans et 18 nouvelles qui explorent les
avancées scientifiques du 19ème siècle. On peut le considérer comme le père de la science-fiction. Bon nombre de bateaux ont été baptisé Nautilus dans le monde entier dont trois sous-marins
de l’U.S. Navy, le dernier à propulsion nucléaire.
Reconnaissance :
Le trophée Jules Verne est une compétition sans escale, sans assistance, réalisée à la voile par un équipage effectuant le tour du monde en moins de 80 jours. Le 26 avril 2002, une statue de
l’écrivain est installée au Musée Grévin à Paris.
En 2015, Jules Verne est le 23ème personnage le plus célébré dans les établissements publics et privés en France : 230 écoles, collèges, lycées portent son nom, derrière Joseph (880), Jules Ferry
(642), Notre-Dame (546), Jacques Prévert (472), Jean Moulin (434), sans oublier quantité de rues en France et à l’étranger.
On compte 300 adaptations au cinéma et à la télévision. « 20.000 lieues sous les mers » a été traduit en 25 langues. Le tout premier film américain mis en scène en décembre 1916 était muet, il
innovait en montrant des fonds marins, des promenades en scaphandre et une pieuvre géante gonflable en plastique.
A Paris, dès qu’il apprend ce crime, le Général Otto von Stülpnagel décide de faire exécuter 50 otages et autant pour un autre assassinat à Bordeaux, en application de la loi dite « Code des
otages ».
Ce même Général a déjà fait tuer 15 otages le mois précédent. Il choisit 27 noms sur une liste fournie par Pierre Pucheu (Secrétaire d’Etat à l’Intérieur) qui aurait établi un « pré-tri » des
internés communistes, jugés par lui particulièrement dangereux.
Ces 27 prisonniers ont 30 minutes pour écrire une dernière lettre à leur famille, puis ils sont conduits en camion à la carrière de la Sablière. Ils chantent la Marseillaise, refusent de se
faire bander les yeux : 9 poteaux, 90 SS, 3 salves.
Auparavant, horrifié par l’affaire, le Maréchal Pétain propose d’aller se livrer en échange des otages. Son entourage parvient à l’en dissuader. Il recommande alors aux Français de dénoncer
les meurtriers et interdit aux Préfets d’établir des listes d’otages.
Soulignons que suite à sa collaboration avec l’ennemi, Pierre Pucheu sera exécuté à Alger, le 26 octobre 1944, par le gouvernement provisoire du Général de Gaulle.
A Châteaubriant en commémoration, une stèle honore l’engagement de ces 27 martyrs pour la liberté. Un musée de la résistance rappelle leur histoire et celle des Français luttant contre les
Hitlériens.
FLORALIES NANTAISES
Par Jean Pheulpin
Timbre émis en 1963
N° 1369 au catalogue Yvert et Tellier
En 1943 est créé le Comité des Floralies, association Loi 1901, afin de valoriser le monde végétal par le biais des professionnels et organismes.
En 1950, la première édition des Floralie Nantaises a lieu au Champ de Mars à Nantes, inaugurée par André Dulin (Secrétaire d’Etat à l’Agriculture). Plus tard, cette manifestation sera
transférée au Parc des Expositions de la Beaujoire.
Depuis 1950, treize éditions se sont déroulées : 1956 – 1963 (date de l’émission du timbre) - 1971 « La Femme et la Fleur » - 1977 « Les Fleurs dans la Ville » - 1984 – 1989 « L’Europe en
Fleurs » - 1994 « A Fleur d’eau » -1999 « Symphonie des Lumières » - 2004 « Fleur d’aventure » - 2009 « Le Pouvoir des Fleurs » -2014 « Bouquets d’Arts » - 2019 « Fleurs à Vivre ».
La dernière, en 2024, quitte Nantes pour aller au Domaine de la Chabotterie à Saint-Sulpice-le-Verdon, en Vendée, ayant pour thème « Jeux de Fleurs ». Les Floralies Nantaises de 2019 furent
marquées par des démissions et une opacité financière, raison du départ de cette manifestation qui a séduit pendant 59 ans tous les habitants de la région.
ARMOIRIES DE NANTES
1) par Gabriel Antoine Barlangue (1874-1956)
Timbre émis en 1942
N° 562 du catalogue Yvert et Tellier
2) par Robert Louis (1902-1965) Timbre émis en 1958
N° 1185 au catalogue Yvert et Tellier
Véritable héritage de l’histoire de Nantes, les armoiries ont fait l’objet de deux timbres postaux symbolisant l’importance du commerce maritime de cette ville portuaire à l’estuaire de la Loire.
Pour représenter ce passé glorieux, un navire de trois mats voguant sur l’océan illustre le centre du blason.
Des mouchures d’hermine noires rappellent le Duché de Bretagne sur bande horizontale blanche, dans la partie supérieure. C’est Anne de Bretagne, duchesse et reine de France, qui a fait rajouter
ce symbole au blason. Le timbre de Gabriel Antoine Barlangue est dominé, en couronne, par le château doté de trois tours.
Une devise figure sur le blason originel de la ville de Nantes, non reportée sur les deux timbres : « Favet Neptunus Eunti » (Neptune favorise celui qui entreprend).
Symbole héraldique, ce blason a suscité l’intérêt d’émettre deux timbres postaux représentant trois points forts : l’identité de la ville, son passé maritime, son appartenance à la
Bretagne.
Une parenthèse… Nantes tire son nom d’un peuple celte, les « Namnètes ». Les Romains baptisèrent la ville « Portus Namnetum ». L’évolution linguistique évolua pour devenir Nantes, témoignage
d’une histoire mouvementée. Après les Romains, la ville fut occupée par les Francs, puis les Bretons. Devenue capitale du Duché de Bretagne, son nom fut francisé en Nantes.
Docteur René LAENNEC
par Charles Mazelin/1882-1968
Timbre émis en 1952
N° 936 au catalogue Yvert et Tellier.
Médecin français, René Laennec est né le 7 février 1781 à Quimper, fils et petit-fils d’avocats. Son oncle est médecin à Nantes, professeur et directeur de l’Ecole de Médecine, il était
recteur de l’université de Nantes avant sa destitution au début de la Révolution.
René Laennec va suivre l’exemple de cet oncle. En 1800, il étudie à Paris à l’Hôpital de la Charité avec, entre autre, pour professeur, Guillaume Dupuytren. René obtient son diplôme de
Docteur en 1804.
Il s’oriente vers la recherche des maladies à partir des autopsies, notamment la cirrhose. En 1916, René est nommé à l’Hôpital Necker et s’intéresse aux maladies pulmonaires en utilisant la «
percussion » (étude du bruit) par la frappe des doigts sur les organes.
C’est alors que tout à fait par hasard, lors d’une promenade dans un jardin public, il vit des enfants jouer autour d’une pile de poutres en bois. L’un d’eux s’amusait à gratter sur
l’extrémité d’une des poutres, René Laennec, de l’autre côté, perçut le bruit. Il colla son oreille à l’autre extrémité de la poutre et entendit parfaitement le son produit par le grattage de
l’enfant. Aussitôt, il comprit qu’il pouvait imaginer un conduit qui transmettrait les sons internes du corps humain.
Ainsi, en février 1816, René inventa le « stéthoscope » (du grec stethos, voulant dire poitrine), appelé alors « pectoriloque ». On peut désormais analyser les bruits corporels internes ce
qui s’avère très utile pour les maladies respiratoires dont la phtisie (ou tuberculose).
En 1818, il présente ses découvertes à l’Académie des Sciences. En 1819, il publie un traité d’auscultation médiate où il classe les bruits émis dans le thorax. En 1822, il entre au Collège
de France. Il réorganise la Faculté de Médecine et un peu plus tard, il est nommé titulaire de la Chaire de clinique interne à l’Hôpital de la Charité.
René Laennec meurt le 13 août 1826, à l’âge de 45 ans, dans son manoir de Ploaré à Douarnenez.
Le PONT de SAINT-NAZAIRE
par René Quillivic/1925-2016
Timbre émis en 1975
N° 1856 au catalogue Yvert et Tellie
Inauguré le 18 octobre 1975, le pont routier de Saint-Nazaire relie cette ville à Saint-Brévin-les-Pins en enjambant l’estuaire de la Loire. Auparavant, trois bacs assuraient cette liaison d’environ 4 km.
Le 4 novembre 1971, la première pierre est posée par Jacques Chaban-Delmas (1er ministre). Cette construction est une prouesse des ingénieurs : l’ouvrage comprend deux pylônes métalliques en
V inversés dont la tête se situe à 130 m de hauteur et 54 piles. Il mesure 3.356 m de long avec une travée centrale de 404 m (partie comprise entre deux piles), il est doté d’un tablier de
720 m (structure porteuse). Record mondial pour un pont métallique de 72 haubans ! Anecdote, en août 1975, deux éléphants du cirque Pinder sont venus tester la solidité du pont.
Ses 12 m de largeur se partagent pour les usagers en trois voies routières et deux passages de service (piste cyclable, trottoir pour les piétons protégé par une rambarde). Les utilisateurs
paient un péage jusqu’au 30 septembre 1994, ensuite le passage est gratuit, augmentant le trafic de 40 %. La vitesse est limitée à 70 km/h, avec, depuis 2012, deux radars tronçons. La vitesse
est réduite à 50 km/h en cas de vent soufflant à 80 km/h et il est fermé à partir d’un vent à 120 km/h. Chaque jour, 33.500 véhicules empruntent le pont de Saint-Nazaire.
Le Tour de France cycliste passe par le pont en 1993, 1997, 1999, 2000, 2011. C’est également un itinéraire pour la route bleue.
Depuis 2010, le pont bénéficie d’un système de gestion à distance, unique en France, pour réguler la circulation en fonction du trafic, grâce à 29 caméras reliées à 8 écrans de
vidéosurveillance.
Le timbre "Pont de Saint-Nazaire" a été repris par Pierre Forget (1923-2005) à l'occasion du 52ème congrès des Sociétés Philatéliques Françaises à Nantes.
PAQUEBOT TRANSATLANTIQUE « LE FRANCE »
1) par Fernand Hertenberger (1882-1970)
Timbre émis en 1962
N° 1325 au catalogue Yvert et Tellier
2) par Valérie Besser (1962)
Timbre émis en 2002
N° 3473 au catalogue Yvert et Tellier
Construit au Chantier de l’Atlantique de Saint-Nazaire, le France est mis à l’eau le 11 mai 1960 en présence du Général de Gaulle, Président de la République et de son épouse, Maryvonne de
Gaulle, marraine du paquebot. Il est inauguré le 11 janvier 1962 au Havre par le 1er Ministre, Michel Debré.
Le 3 février 1962, le France commence son service sur la ligne Le Havre-New York, ligne qu’il va assurer jusqu’en 1974. Cette 1ère traversée en 5 jours compte 1806 passagers dont 580 en 1ère
classe et 1226 en 2ème classe.
Le paquebot « France » en quelques chiffres… Sa longueur, 315,66 m en fait le plus long paquebot du monde (il sera surplanté en 2003 par le « Queen Mary, 345 m), sa largeur mesure 33,70
m. Il possède 2 cheminées dont les fûts pèsent 2 tonnes et s’élèvent à 12 m de hauteur. Il est muni de 4 hélices de 26 tonnes chacune, de 4 porte-hélices de 19 m de long chacun et pesant 49
tonnes. Sa puissance maximum pouvait atteindre 160 chevaux grâce à 8 chaudières. Sa vitesse moyenne était de 30 nœuds (55 km/h). Le France totalisait 961 cabines climatisées et 94 places de
parking. La superficie de la cuisine principale : 1200 m2 !
La crise pétrolière de 1973, le déclin des passagers suite à la concurrence des avions, la suppression des subventions du Gouvernement Français, ont amorcé sa chute et la Compagnie se voit
contrainte d’arrêter les activités du paquebot à l’automne 1974. Le France additionne 377 traversées transatlantiques (600.000 passagers), 93 croisières et 2 tours du monde.
C’est la consternation dans l’équipage… Une mutinerie éclate à bord, suivie d’une grève de 88 jours. En novembre 1975, Michel Sardou sort la chanson « Le France » (45 tours) : 800.000 albums
vendus.
En octobre 1977, il est racheté par le milliardaire saoudien Akran Ojjeh, puis en 1979, il est revendu à l’armateur norvégien Knut Kloster qui le rebaptise du nom de « Norway » jusqu’en 2006.
Ensuite, il prend le nom de « Blue Lady ».
En mai 2003, une chaudière explose à Miami, tuant 8 personnes. Cet accident sonne le glas pour le France qui part en chantier de démolition.
LA BAULE
Par Pierre Bequet (1932-2012)
Timbre émis en 1966
N° 1502 au catalogue Yvert et Tellier
Station balnéaire de la Côte d’Amour sur la façade atlantique de la Bretagne, La Baule-Escoubiac a pris naissance au IXème siècle pour devenir aujourd’hui une destination touristique
renommée. Son histoire commence à Escoubiac où en 1050, des moines fondent un prieuré, puis un monastère.
Fin XVIIIème siècle, le village est déplacé après avoir été complètement enseveli sous les dunes très instables. Le nouveau bourg se crée non loin, à l’intérieur des terres, bâti avec les
débris de l’ancien village. Dénommé la « Bôle » (zone d’alluvions marécageuses), du latin « Escubia » (poste de garde) et « aqua » (eau), l’endroit ne comportait qu’une modeste caserne de
douaniers pour surveiller le trafic du sel. La Bôle devient La Baule en 1896. A partir de mai 1962, la commune est dénommée La Baule-Escoubiac.
L’ouverture de la ligne de chemin de fer St-Nazaire/Le Croisic en 1879 engendre un véritable essor, ouvrant l’accès à la commune et à son urbanisation. Dès 1989, suite à l’électrification de
la voie ferrée, le TGV relie La Baule-Escoubiac à Paris en 3 heures.
Aujourd’hui, réputée pour ses 8 km de plage de sable fin, entre l’étier du Pouliguen et celui de Pornichet, La Baule-Escoubiac s’est transformée en authentique station balnéaire, bénéficiant
d’un élégant front de mer et de belles artères commerçantes.
En 1350, le 1er bourg d’Escoubiac comptait 300 habitants (122 feux). En 1426, on dénombrait 1500 âmes (164 feux). Presque de six siècles plus tard, en 2022, La Baule-Escoubiac totalise 16.613
habitants, appelés les Baulois, tandis que durant la période estivale, sa population atteint 150.000 personnes.
BROCHET AU BEURRE BLANC
Par Isy Ochoa (1961)
Timbre émis en 2010
N° AA440 au catalogue Yvert et Tellier
Comme certaines recettes culinaires, le beurre blanc serait dû à une maladresse lors de la réalisation d’une sauce béarnaise pour accompagner un brochet. La cuisinière aurait oublié de
mettre de l’estragon et les jaunes d’œuf d’où une première appellation « Beurre raté ».
Plus probable… En 1890, au restaurant « La Buvette de la Marine » en bord de Loire, au lieudit Chebuette, commune de Saint-Julien-de-Concelles, Clémence Lefeuvre aurait inventé la recette
du beurre blanc pour l’associer aux poissons de Loire. Mais la recette se veut plus ancienne puisqu’elle figure dans le livre L.S.R. « L’Art du bien traiter » datant de 1643.
Le beurre blanc est une sauce chaude émulsionnée qui se marie parfaitement avec les poissons pochés ou grillés, voire même les asperges. Certaines personnes le nomment aussi « beurre
nantais ».
La vraie recette de Clémence : Ciselez finement 2 grosses échalotes que vous mettrez dans une casserole à fond épais (faire suer sans coloration) avec 10 cl de vinaigre blanc. Portez à
ébullition et laissez réduire presque jusqu’à sec. Baissez le feu (la température ne doit pas dépasser 65°) et ajoutez délicatement le beurre demi-sel, morceau par morceau, en fouettant
sans interruption. Poivrez.
Dans d’autres livres de cuisine, la recette existe en ajoutant en plus 10 cl de vin blanc sec (Muscadet).
Pour terminer, ne retirez pas les échalotes et passez la sauce au chinois. Cette sauce onctueuse peut se réchauffer doucement au bain marie ou être conservée dans un thermos.
De nos jours, une place de Nantes porte le nom de Clémence Lefeuvre sur décision du Conseil Municipal le 7 octobre 2015. On trouve également une route et une cale Clémence Lefeuvre à
Saint-Julien-de-Concelles et une allée à Vertou. Un prix œnologique de la région du Muscadet porte son nom.
