Fin décembre 2025, suite au décès de Brigitte Bardot, que ce soit dans la presse, la télévision ou la radio, on a beaucoup parlé de sa fondation créée en 1986, dont la mission est « la
protection des droits des animaux » ; mais n’oublions pas toutes les autres associations qui militent pour le bien-être animal comme par exemple la Société
Protectrice des Animaux.
La S.P.A. a été créée le 2 décembre 1845 par le docteur Etienne Pariset.
En 1903 la S.P.A. ouvre son premier refuge pour les animaux à Gennevilliers (92) .
Vous trouverez ci- dessous une lettre du docteur Bourdin, membre de la S.P.A., parue dans le « bulletin de la Société protectrice des animaux » en janvier 1863, lettre dans laquelle il fait des
éloges aux éleveurs bretons sur leurs façons de dresser leurs animaux domestiques.
Lettre de Mr le docteur Bourdin, membre de la Société :
(...) A peine arrivé d’un voyage en Bretagne, je trouve dans le journal « La Patrie » du 21 août 1863, un article extrait du « Journal de Châteaubriant » et relatif aux dernières courses de
Nozay.
L’auteur raconte, non sans étonnement, qu’un jeune paysan n’a pas craint de se lancer dans l’arène avec son petit cheval breton, pour y disputer le prix aux coursiers les plus renommés. Le
cavalier part au milieu des nombreux concurrents. Il n’a ni selle, ni bride, et tient en main un simple licol. Plusieurs obstacles sont vaincus avec succès. On arrive au terme de la carrière, le
cheval hésite, le cavalier applique une tape sur la joue du cheval, tend les bras de chaque côté de la tête, le lance ainsi, franchit l’obstacle et arrive le premier, au milieu des plus vifs
applaudissements.
Le fait cité est très remarquable, et à certains égards digne d’éloges. J’ajoute cependant qu’il n’étonnera pas les personnes qui connaissent la Bretagne. Les animaux sont traités dans ce pays,
avec une douceur surprenante. On voit errer les chevaux et les vaches en pleine liberté. Il vont seuls au pâturage, et reviennent seuls à l’écurie. Si la porte est fermée, ils attendent ; s’ils
s’ennuient, ils retournent aux champs. Rien de plus simple. La nuit, le jour, même liberté. Ils sont aussi libres que les chiens des grandes villes, avec cette différence toutefois qu’ils ne
portent pas de muselière. On voit des enfants conduire un troupeau de chevaux ou de vaches, comme s’ils conduisaient des moutons. On les mène au pas, ou au galop, selon la nécessité, sans la
moindre difficulté. Le conducteur monte un des chevaux, prend le licol, comme le jeune vainqueur des courses de Nozay, et dirige son troupeau devant lui, en le stimulant de la voix, ou en faisant
claquer son fouet. On emploie la bride seulement quand on monte les chevaux pour une longue course, ou quand on les attèle.
Les animaux, habitués à ces bons traitements, se familiarisent avec les maîtres. Vous ne les voyez pas tremblants et frémissants, comme les animaux de nos villes à l’approche de leurs
conducteurs, j’allais presque dire de leurs bourreaux. Ils arrivent doux et confiants, mangeant dans la main des paysans, qui leurs donnent plus de caresses que de coups. Pendant l’hiver, les
paysans, plus économes que prudents, passent les longues soirées au milieu de leurs vaches ou de leurs chevaux. De là naît une sorte de vie commune, qui n’aurait que des avantages, si l’hygiène
n’y trouvait à redire.
Je n’insisterait pas davantage sur ce point.
Je tenais à établir, par ce qui se pratique en grand dans la Bretagne, et probablement dans un certain nombre d’autres pays, que l’on peut dominer les animaux par la douceur, les admettre pour
ainsi dire dans la familiarité, s’en faire presque des amis, et pourtant avoir d’excellentes bêtes de somme, fortes, agiles, dociles, de ces petits chevaux un peu plus gros que des ânes, qui
gagnent le prix sur les chevaux les plus illustres.
…………………….
Vous trouverez, avec plus de détails, l’exploit de ce jeune paysan lors des courses à Nozay en 1863, dans la lettre de l’ASPHAN n° 35 et sur le site internet de l’ASPHAN dans : Pages histoire et
« Courses hippiques et hippodromes à Nozay ».
Sources : ad44 presse
D. Nouvel janvier 2026
