Ambiance "Bord de mer"

 "Grâce à la découverte du timbre de Laennec tout à fait par hasard, j’ai décidé de répertorier les timbres de Loire-Atlantique, aussi me suis-je adressée à un philatéliste passionné, Jean-François Rose, qui en a dénombré 26 et les a photographiés.

A partir de là, il a fallu rechercher l’histoire de chacun. Aujourd’hui, par le biais de l’Asphan, en voici une partie qui vous est présentée."
Monique Guillet 


Le PONT de SAINT-NAZAIRE
par René Quillivic/1925-2016


Timbre émis en 1975
N° 1856 au catalogue Yvert et Tellie


Inauguré le 18 octobre 1975, le pont routier de Saint-Nazaire relie cette ville à Saint-Brévin-les-Pins en enjambant l’estuaire de la Loire. Auparavant, trois bacs assuraient cette liaison d’environ 4 km.


Le 4 novembre 1971, la première pierre est posée par Jacques Chaban-Delmas (1er ministre). Cette construction est une prouesse des ingénieurs : l’ouvrage comprend deux pylônes métalliques en V inversés dont la tête se situe à 130 m de hauteur et 54 piles. Il mesure 3.356 m de long avec une travée centrale de 404 m (partie comprise entre deux piles), il est doté d’un tablier de 720 m (structure porteuse).  Record mondial pour un pont métallique de 72 haubans ! Anecdote, en août 1975, deux éléphants du cirque Pinder sont venus tester la solidité du pont.


Ses 12 m de largeur se partagent pour les usagers en trois voies routières et deux passages de service (piste cyclable, trottoir pour les piétons protégé par une rambarde). Les utilisateurs paient un péage jusqu’au 30 septembre 1994, ensuite le passage est gratuit, augmentant le trafic de 40 %. La vitesse est limitée à 70 km/h, avec, depuis 2012, deux radars tronçons. La vitesse est réduite à 50 km/h en cas de vent soufflant à 80 km/h et il est fermé à partir d’un vent à 120 km/h. Chaque jour, 33.500 véhicules empruntent le pont de Saint-Nazaire.


Le Tour de France cycliste passe par le pont en 1993, 1997, 1999, 2000, 2011. C’est également un itinéraire pour la route bleue.
Depuis 2010, le pont bénéficie d’un système de gestion à distance, unique en France,  pour réguler la circulation en fonction du trafic, grâce à 29 caméras reliées à 8 écrans de vidéosurveillance.

 

 

Le timbre "Pont de Saint-Nazaire" a été repris par Pierre Forget (1923-2005) à l'occasion du 52ème congrès des Sociétés Philatéliques Françaises à Nantes. 


 PAQUEBOT TRANSATLANTIQUE « LE FRANCE »

1) par Fernand Hertenberger (1882-1970)

Timbre émis en 1962

N° 1325 au catalogue Yvert et Tellier

2) par Valérie Besser (1962)

Timbre émis en 2002

N° 3473 au catalogue Yvert et Tellier


Construit au Chantier de l’Atlantique de Saint-Nazaire, le France est mis à l’eau le 11 mai 1960 en présence du Général de Gaulle, Président de la République et de son épouse, Maryvonne de Gaulle, marraine du paquebot. Il est inauguré le 11 janvier 1962 au Havre par le 1er Ministre, Michel Debré.
Le 3 février 1962, le France commence son service sur la ligne Le Havre-New York, ligne qu’il va assurer jusqu’en 1974. Cette 1ère traversée en 5 jours compte 1806 passagers dont 580 en 1ère classe et 1226 en 2ème classe.
Le paquebot « France » en  quelques chiffres… Sa longueur, 315,66 m en fait le plus long paquebot du monde (il sera surplanté en 2003 par le « Queen Mary, 345 m), sa largeur mesure 33,70 m. Il possède 2 cheminées dont les fûts pèsent 2 tonnes et s’élèvent à 12 m de hauteur. Il est muni de 4 hélices de 26 tonnes chacune, de 4 porte-hélices de 19 m de long chacun et pesant 49 tonnes. Sa puissance maximum pouvait atteindre 160 chevaux grâce à 8 chaudières. Sa vitesse moyenne était de 30 nœuds (55 km/h). Le France totalisait 961 cabines climatisées et 94 places de parking. La superficie de la cuisine principale : 1200 m2 !
La crise pétrolière de 1973, le déclin des passagers suite à la concurrence des avions, la suppression des subventions du Gouvernement Français, ont amorcé sa chute et la Compagnie se voit contrainte d’arrêter les activités du paquebot à l’automne 1974. Le France additionne 377 traversées transatlantiques (600.000 passagers), 93 croisières et 2 tours du monde.
C’est la consternation dans l’équipage… Une mutinerie éclate à bord, suivie d’une grève de 88 jours. En novembre 1975, Michel Sardou sort la chanson « Le France » (45 tours) : 800.000 albums vendus.
En octobre 1977, il est racheté par le milliardaire saoudien Akran Ojjeh, puis en 1979, il est revendu à l’armateur norvégien Knut Kloster qui le rebaptise du nom de « Norway » jusqu’en 2006. Ensuite, il prend le nom de « Blue Lady ».
En mai 2003, une chaudière explose à Miami, tuant 8 personnes. Cet accident sonne le glas pour le France qui part en chantier de démolition.


LA  BAULE

 

Par Pierre Bequet (1932-2012)
Timbre émis en 1966
N° 1502 au catalogue Yvert et Tellier


Station balnéaire de la Côte d’Amour sur la façade atlantique de la Bretagne, La Baule-Escoubiac a pris naissance au IXème siècle pour devenir aujourd’hui une destination touristique renommée. Son histoire commence à Escoubiac où en 1050, des moines fondent un prieuré, puis un monastère.
Fin XVIIIème siècle, le village est déplacé après avoir été complètement enseveli sous les dunes très instables. Le nouveau bourg se crée non loin, à l’intérieur des terres, bâti avec les débris de l’ancien village. Dénommé la « Bôle » (zone d’alluvions marécageuses), du latin « Escubia » (poste de garde) et « aqua » (eau), l’endroit ne comportait qu’une modeste caserne de douaniers pour surveiller le trafic du sel. La Bôle devient La Baule en 1896. A partir de mai 1962, la commune est dénommée La Baule-Escoubiac.
L’ouverture de la ligne de chemin de fer St-Nazaire/Le Croisic en 1879 engendre un véritable essor, ouvrant l’accès à la commune et à son urbanisation. Dès 1989, suite à l’électrification de la voie ferrée, le TGV relie La Baule-Escoubiac à Paris en 3 heures.
Aujourd’hui, réputée pour ses 8 km de plage de sable fin, entre l’étier du Pouliguen et celui de Pornichet, La Baule-Escoubiac s’est transformée en authentique station balnéaire, bénéficiant d’un élégant front de mer et de belles artères commerçantes.
En 1350, le 1er bourg d’Escoubiac comptait 300 habitants (122 feux). En 1426, on dénombrait 1500 âmes (164 feux). Presque de six siècles plus tard, en 2022, La Baule-Escoubiac totalise 16.613 habitants, appelés les Baulois, tandis que durant la période estivale, sa population atteint 150.000 personnes.