Série “Les Mystères de la vieille église” – Épisode 7

Elles sont très intrigantes, ces quelques marches de pierres creusées dans l’épaisseur du mur de la nef, proche de la croisée

des transepts et suspendues à deux mètres du sol. Encore plus mystérieux, ce mur condamnant l’espace au-delà de l’escalier.

A quoi tout cela pouvait-il correspondre ?

Ainsi, pendant 250 ans, un chapelain - hors des officiants du lieu - servit la messe aux seigneurs de la Touche, à leurs proches et leurs serviteurs.
L’autel, dont on garde des traces visibles, reposait sur le mur nord, en dessous du martyr de Saint Blaise. 

La réponse se trouve dans le transept nord

 

Pour trouver des éléments de réponse, il faut se rendre dans le transept nord. Cette partie de l’église est bien différente du reste de l’édifice, plus élaborée, moins frustre, riche d’un remarquable patrimoine de schiste incluant : une niche ouvragée, une porte et une fenêtre de style gothique flamboyant. Et que dire des peintures murales datant du début du 16ème siècle...
Cette partie de l'église correspond à l’ancienne chapelle  privée des seigneurs de la Touche, domaine tout proche et cela de 1437 à 1680 (soit pendant 250 ans !). C’est, en effet en 1437 que Jeanne du Moulin, Dame de la Touche, épouse de Robert Sorin, Maistre d’hostel du duc de Bretagne, fonde une chapellenie* dans le transept nord de l’église paroissiale ; ceci en l’honneur de Saint Michel.

* Une chapellenie est un bénéfice ecclésiastique attribué à un chapelain, souvent associé à une chapelle et rapportant des revenus modestes.

L'emplacement de l'accès à la tribune côté transept nord


Mais, où le seigneur de La Touche s'installait-il?

 

Le chapelain, se tournait et s’adressait aux propriétaires de la Touche, installés, tout là-haut, sur le mur opposé, dans une tribune en bois.Leurs proches et les serviteurs se tenaient, en bas. On ne mélangeait pas tout le monde à la messe à l’époque !

Une projection de la tribune et de ses occupants d'Yvan TEFFO


 Comment accédait t-on à la tribune ?

 

Par l’escalier, côté nef, avec d’abord, des marches en bois puis la volée de cinq ou six marches en pierre bleue toujours présentes.
Depuis, la tribune a été détruite, l’accès à cette tribune a été bouché tandis que les premières marches de bois ont disparu.
Si vous vous rendez sur place, allez voir dans le jardin enclos (il correspond à l’ancien cimetière). Juste à l’angle du transept nord et de la nef, un renflement du mur trahit la présence ancienne de cet escalier. 

Le renflement du mur extérieur permet de localiser l'emplacement de l'escalier menant à la tribune